Rivé·es à leurs écrans, nos enfants nous font peur ! Outil nécessaire, ouverture positive sur le monde et les autres, l’écran devient fléau et addiction en cas de surdosage. Dans l’espace familial, la relation des enfants avec leurs téléphones et autres ordinateurs sont devenus des défis d’éducation du quotidien pour les parents. Et un enjeu central pour le bon développement psychologique et personnel des enfants.

Un constat, dès leur plus jeune âge nos enfants sont confrontés aux écrans tous les jours. Attention, le premier conseil souvent rappelé en forme de règle d’or : pas d’écran avant 3 ans ! La télévision notamment, n’est pas adaptée pour un si jeune âge. C’est un frein au développement des très jeunes enfants. Ensuite, inévitablement, il faut apprendre aux enfants à se servir avec mesure des écrans. De 3 à 6 ans, mieux vaut privilégier des sessions courtes et des programmes adaptés sur un temps limité. Là encore, une consommation excessive risque d’entraîner des troubles du sommeil, de la vue et de la concentration. À chaque âge, son étape d’apprentissage des écrans. Serge Tisseron, psychiatre et docteur en psychologie, a consacré un livre éclairant à l’affaire : 3-6-9-12, Apprivoiser les écrans et grandir (éditions Érès). En découpant le parcours d’éducation aux écrans entre quatre étapes essentielles de l’enfance (admission en maternelle, entrée au CP, maîtrise de la lecture et de l’écriture et passage au collège), le psychiatre dispense des conseils simples pour réguler la consommation d’écrans et apprendre à s’en servir mais aussi à s’en passer.

Accompagner la découverte des écrans

L’âge des premiers écrans personnels, entre 6 et 10 ans le plus souvent, est une étape décisive. À cet âge, l’enfant possède une certaine expérience des images, est en mesure de les analyser, mais tout autant se laisser influencer et vouloir imiter ce qu’il voit. D’où la nécessité de lui expliquer la frontière entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, et d’encadrer son usage des écrans, à commencer par le téléphone. Pour la consommation quotidienne d’écrans en fonction des âges, Serge Tisseron, à l’origine en 2006 de la pétition « Pas d’écrans avant trois ans », conseille 15 à 30 minutes entre 3 et 6 ans et jusqu’à 2 heures maximum à 13 ans. Même son de cloche pour le Conseil supérieur de l’audiovisuel : une heure par jour maximum entre 6 et 10 ans, en privilégiant des programmes jeunesse ou éducatif.

Établir des règles

Peu de parents échapperont au fameux « tous mes copains en ont un », lancé par des ados en quête de leur premier téléphone portable. Le moment est alors tout trouvé pour installer le cadre. Le mieux est d’établir des règles simples, comme des temps d’usage à heures fixes et des interdictions ou un couvre-feu (interdit à table et plus de portable après 22 heures par exemple). Contrairement à ce que pensent certains parents, un·e préadolescent·e n’est pas capable de gérer seul·e son environnement numérique ni de contrôler son usage personnel. L’autorégulation, ça se travaille. Il est très important d’accompagner son enfant dans le choix des programmes, de lui apprendre à devenir un·e téléspectateur·rice actif·ve. Pour que l’enfant apprenne à se créer des rituels de bonnes conduites autour des écrans et à ne pas sacrifier une partie de sa socialisation sur l’autel de sa vie numérique. « Il est essentiel de fixer des règles au sein du cercle familial. Elles vont protéger l’enfant de l’excès et l’inciter à développer, grâce à son entourage, des capacités d‘autorégulation », résume Serge Tisseron. Il serait dommage de se priver des effets positifs des écrans : réduction de l’isolement et création de liens, usages pédagogiques et culturels, sources d’information… Tout repose sur un usage raisonné… et surveillé.

Adam Belghiti Alaoui

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