Activités « introverties » avec ou sans copain/pines à domicile, sorties « extraverties » dans le cadre d’un sport, d’une activité culturelle ou d’une soirée, les loisirs adolescents sont multifacettes, ils se frottent aux enjeux de socialisation et d’estime de soi qu’ils induisent. Que pratiquent donc nos adolescents durant leur temps libre et quels impacts sur leur construction et développements personnels ? On décrypte.

Quels loisirs aiment-ils/elles ?

L’éducation, l’âge, le milieu de vie, le rang social et le genre font partie des facteurs qui déterminent les préférences et l’accès des jeunes aux loisirs divers et variés. Classiquement, certains demeurent intemporels : activités sportives, culturelles, sorties cinéma, shopping, soirées. Mais le principal changement de paradigme demeure l’hyperconnectivité de nos préados et ados.

Sans surprise, dès 13 ans, âge légal d’inscription sur les réseaux sociaux – 15 ans pour ne pas avoir besoin du consentement parental selon le Règlement général de protection des données (RGPD) –, commence la période d’hyperconnexion pour les préados avec un temps de connexion actif de 14 h 53 minutes par semaine, soit plus de deux heures par jour (+ 23 % par rapport aux chiffres de 2018) !

Une telle hausse s’explique notamment par un basculement des comportements de consommation de contenus vidéo. La télévision n’est plus le média préféré des jeunes gens comme ce fut le cas des générations Y ou X durant leur adolescence. L’adolescent en 2020 préfère regarder des contenus à la carte, de façon incomplète sur son smartphone. Le principe du « programme télé » est obsolète. Il n’est plus question que l’on « dicte » ce que l’ado doit regarder. Le principe de rendez-vous hebdomadaires n’a plus de sens à l’heure où les plates-formes proposent de dévorer plusieurs saisons d’une série en… quelques nuits. L’ado privilégie YouTube et bien évidemment Netflix, sans parler de l’offre de streaming d’Amazon Prime, Twtich, initialement pour les gamers, ou encore Hulu sont également dans l’air du temps. Rappelons également que le fameux Netflix and chill est une des activités favorites de notre progéniture branchée. Remplacez l’ado vautré dans le canapé zappette en main par celui/celle lové/e dans ses draps avec smartphone à la main… Il en va de même pour la lecture où kindle mais surtout plates-formes de « scans » mettent en ligne avec traduction les derniers comics, mangas, dès le jour de parution papier.

Sur Tik tok, Snapchat et Insta – les trois plates-formes sociales les plus utilisées par les ados –, force est de constater des différences significatives entre genres sur l’utilisation des réseaux. Les filles se socialisent plus. Les garçons sont focalisés sur des contenus et des jeux alors que, dès la 5e, les filles recourent à ces plates-formes pour discuter et partager des photos et vidéos. Snapchat demeure le canal privilégié en termes de messagerie grâce au caractère éphémère des publications. Instagram est un outil pour les collégiens dans la gestion de leur identité numérique.

Nos ados sont de plus en plus nombreux à publier en fonction des communautés qu’ils ont créées et surtout à démultiplier leur identité en plusieurs profils.

Des loisirs utiles pour de futures compétences professionnelles

Les réseaux sociaux possèdent aussi leur part de lumière chez les adolescents. Parmi les métiers plébiscités, entre autres, médecins, ingénieurs et sportifs de haut niveau, apparaissent de petits nouveaux tels qu’influenceurYoutuber ou encore Gamer professionnel ! Si l’appétence pour de telles professions laisse les aînés interloqués, ces métiers issus des nouveaux médias démontrent une capacité chez nos jeunes à créer et innover en matière d’information et de contenus. La majorité des ados savent retoucher une photo, monter une vidéo, poster sur les réseaux sociaux, ce qui témoigne de leur agilité pour adopter de nouvelles technologies. Autant de compétences et de savoir-être cultivés très jeune mais qui se révéleront très utiles pour leur vie professionnelle.

Quid de l’argent de poche ?

À cette question du cash, le cabinet d’études de marché Poll&Roll et l’entreprise PixPay, dans leur baromètre sur l’argent et les adolescents paru au mois de janvier, répondent qu’un adolescent dispose en moyenne de 33 euros par mois. Si, pour les parents, l’argument de la responsabilisation est invoqué pour légitimer ce budget, il est paradoxal que ces dépenses ne concernent que les loisirs. Pour 70 % des parents d’ados, l’argent de poche va financer leurs activités de temps libre. Dans le tiercé de tête des activités les plus populaires, les sorties entre amis sont classiquement mentionnées à 85 %, systématiquement ou ponctuellement. Puis les séances de cinéma à 82 % systématiquement ou ponctuellement, et enfin le shopping à 75 %. Et donc, derrière les usages numériques, certains loisirs restent intemporels.

Geoffroy FRAMERY

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