Pas d’orientation réussie sans respecter deux règles fondamentales. La première passe par la définition de son projet scolaire et professionnel. La seconde implique de ne pas s’égarer dans les méandres des formations. Facile à dire, pas toujours a faire. Petits conseils pour tenir le cap.

Aujourd’hui, une bonne orientation scolaire a un coût. La plupart des parents l’ont compris. Histoire de remédier aux errements du service public, nombre de familles sollicitent le secteur privé. Et espèrent assurer des lendemains qui chantent à leurs enfants Le marché florissant du conseil personnalisé se compose pêle-mêle de professionnels issus du monde de l’entreprise, de psychologues du travail, de conseillers certifiés en techniques d’accompagnement individualisé ou encore d’enseignants, souvent eux-mêmes parents d’adolescents. On y retrouve même des anciens conseillers de l’Éducation nationale qui, une fois débarrassés des contraintes du système public, endossent les habits d’experts très recherchés par les sociétés de coaching. Les tarifs proposés par les organismes privés pour des services d’orientation varient de 300 à 900 euros par enfant. L’institut européen de coaching de l’étudiant, par exemple, dispense quatre fois 1h30 de tests et séances de motivation pour 445 €. Le leader du soutien scolaire Acadomia a fixé, lui, son forfait de six heures d’entretien et des tests à 420 €. Un coût intolérable, selon la Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE), qui accuse les organismes privés de « marchandises » l’école. Un investissement indispensable, aux yeux de nombreux parents qui, loin des débats d’idées, comparent cette somme au prix d’une année perdue.

LA PARENTHÈSE UTILE

Une autre alternative au service d’orientation public existe : extraire son enfant du système scolaire, pour mieux l’y réinsérer. Comment ? En lui permettant de vivre quelques mois de césure entre deux cursus d’études. En France, l’année sabbatique est un outil d’orientation professionnelle qui commence à se faire connaître via les grandes écoles. Un nombre croissant d’entre elles intègre dans leur parcours une année de mission humanitaire pour former leurs futurs dirigeants. C’est le cas de l’École supérieure de Commerce de La Rochelle, qui voit ses inscriptions affluer depuis la mise en place de son projet d’aide aux populations défavorisées « Humacité ». En octobre dernier, c’était l’Ecole des Mines d’Alès qui se prévalait d’envoyer ses élèves au Pérou. L’ Etat lui-même propose aux jeunes de consacrer une étape de leur vie à une mission d’intérêt général. Depuis 1995, les 16-25 ans sont appelés à s’engager six mois à un an auprès d’une association de leur région. Selon une étude menée par le Centre de sociologie des organisations pour le compte de l’association Unis-Cité, 66% des jeunes ayant participé au service civil volontaire ont clarifié leur parcours professionnel. La très grande majorité d’entre eux considère que cette expérience hors-norme y a directement contribué. En septembre dernier, le Haut-Commissaire à la Jeunesse Martin Hirsch a déposé au Sénat une proposition de loi pour lancer un « nouveau » service civique dès le premier semestre 2010. Il souhaite que ce dernier soit plus souple et mieux valorisé dans le cursus universitaire.

En France, l’année sabbatique est un outil d’orientation qui commence à se faire connaître via les grandes écoles.

ASTUCES D’INITIES

Si les enfants d’enseignants réussissent mieux que les autres, toutes catégories sociales confondues, c’est en grande partie parce que leurs parents connaissent mieux les détails qui permettent de bien s’orienter : choix d’option, échéances pour les inscriptions, démarches à suivre… Ils savent par exemple que leur enfant augmente ses chances d’être porté par de bons élèves s’il choisit l’option latin ou allemand, que les familles disposent d’un délai de trois jours ouvrables pour faire appel d’une décision d’orientation, etc. Simple, mais redoutablement efficace. En septembre dernier, le président de la République avait surnommé cela le « délit d’initié ». C’est pourquoi il est indispensable d’avoir à l’esprit la manière dont se déroule l’orientation des élèves tout au long de leur scolarité et de connaître les dates butoirs.

AU COLLEGE

  •  A la fin du CM2:

Certains élèves peuvent passer des tests en langues pour intégrer une 6° section européenne ou internationale si le collège de leur choix le propose.

  • A la fin de la 6°:

L’élève choisi un enseignement optionnel facultatif pour l’année suivante. Ainsi, il a la possibilité de débuter l’apprentissage du latin en 5°. Le conseil de classe peut demander un redoublement a la fin de l’année.

  • A la fin de la 5°:

L’élève choisi quelle deuxième langue vivante, étrangère ou régionale, il étudiera en 4°. Il peut choisir de continuer ou renoncer à l’option latin. Il peut aussi s’orienter vers une 4° section européenne, internationale ou de langues orientales en passant un test. L’élève passe automatiquement en 4° car on ne peut redoubler à l’intérieur d’un même cycle. Cependant, en cas de difficultés importantes, le conseil de classe et la famille peuvent décider d’un commun accord d’un redoublement. En cas de difficulté l’enfant peut être orienté vers…

  1. Une 4° aménagée,(ou d’aide et de soutien), qui mène vers une 3° d’insertion, puis surtout vers un CAP en lycée professionnel ou en centre de formation des apprentis.
  2. Une 4° technologique dans un lycée professionnel, bien que ces classes ne soit, en théorie, plus créer et ferment peu à peu, puisque l’enseignement de la technologie est assuré à tous les élèves de collège. (Insee Première, juin 2008)
  • A la fin de la 4°:

Le conseil de classe peut décider de faire redoubler l’enfant puisque le cycle central s’achève. Il peut aussi l’orienter, s’il connaît des difficultés, vers une 3° d’insertion.

  • A la fin de la 3°:

L’élève chois entre un passage vers la voie générale technologique ou professionnelle. S”il emprunte le premier chemin, l’adolescent doit choisir deux “enseignements de détermination” (physique, économie, anglais..;) en fonction du bac qu’il vise ou du parcours d’études qu’il construit. S’il opte pour la voie professionnelle, il choisit une spécialité de baccalauréat professionnel, par exemple “commerce”. L’élève a aussi la possibilité de redoubler.

A la fin de chaque cycle, les familles peuvent faire appel de la décision d’orientation prononcée par le conseil de classe. Pour cela, ils ont un délai de trois jours.

AU LYCEE

  • A la fin de la seconde générale et technologie

– Le lycéen a le choix entre des bacs généraux (L,ES, S), des bacs technologiques (STT, STG, STI…).
– Si les deux enseignements de détermination suivis en seconde constituent un choix stratégique, tout élève a droit à l’erreur. Celui qui n’a pas suivi l’enseignement préconisé peut être accepté dans la 1ère désirée si ses résultats le lui permettent. Dans certains cas, des cours de rattrapage sont proposés en 1ère.
– Le lycéen a aussi la possibilité de redoubler ou de se réorienter vers la voie professionnelle.

  • A la fin de la 2nde professionnelle

L’élève peut ajuster son choix de spécialité de futur bac pro (« comptabilité » au lieu de « commerce » par exemple). Depuis la réforme de la voie professionnelle entrée en vigueur cette année, il peut aussi décider de se réorienter vers la voie générale et technologique.

  • A la fin de la terminale

C’est le moment de faire le choix entre des études courtes (BTS, DUT, DEUST), des études longues et une école spécialisée après la réussite à un concours.


LES DATES A NE PAS MANQUER

– Les intentions d’orientation doivent être indiquées sur la fiche navette en mars.
– Les vœux définitifs se formulent sur la fiche navette début mai.
– Le conseil d’orientation formule les propositions d’orientation début juin voire mi-juin.

Le parent dispose alors d’un recours possible, mais pour Rémy Guilleux, de l’Unaf, « la décision du conseil de classe au mois de juin apparaît très tardive pour les jeunes pour lesquels cette décision va à l’encontre de leur souhait d’orientation ». C’est pourquoi le jeune doit prendre en compte le risque que son choix ne soit pas honoré dès le début du troisième trimestre, en luttant contre le déni et en envisageant sérieusement des solutions alternatives.

  • En terminale

– Le retrait de dossier de préinscription aux concours et grandes écoles et la saisie des vœux s’effectue de janvier à mars.
– La validation des choix pour les études supérieures s’effectue sur Internet à la mi-juin.
– L’inscription définitive en études supérieures dès l’annonce des résultats du bac en juillet.
– Les salons d’orientation et les journées Portes ouvertes ont lieu en janvier et février, même si certain(e)s débutent en décembre ou mars.

Article réalisé par Florence PERCEVAUT

 

 

 

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