Avec la réforme des rythmes scolaires, de plus en plus de parents font le choix de confier leurs enfants à des jeunes filles au pairs étrangères. Une solution moins coûteuse que les nounous habituelles et qui présente de nombreux avantages.

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L’année scolaire est maintenant bien entamée et toutes les familles n’ont pas encore trouvé la perle rare pour garder leurs enfants. Les nouveaux rythmes, à quelques rares exceptions près, sont entrés en application dans l’ensemble des écoles du territoire. Quelques parents se retrouvent démunis. Si tel est votre cas, il existe une solution alternative : accueillir une jeune fille au-pair pour la garde de vos enfants. « Nous constatons cette année une hausse des appels tardifs, remarque Delphine Vaills, présidente de l’Union française des agences au pair (UFAAP) et directrice de l’agence Europair. Les parents ont été pris de court par la réforme et nous appellent paniqués, nous demandant de leur trouver une solution au pied levé. C’est un peu compliqué, mais nous avons encore quelques possibilités de placement. »

Ce n’est pas trop tard !

Bien que le mois d’octobre soit déjà entamé, vous pouvez encore trouver la jeune fille qui saura prendre soin de vos petits. « Les placements se font toute l’année, explique Sophie Hertzog, directrice d’Accueil international services et vice-présidente de l’UFAAP. Les deux périodes les plus importantes sont septembre et janvier, mais on peut tout à fait envisager une arrivée en cours de période. » C’est plus rare, mais parfois les agences trouvent l’au pair et la famille correspondante rapidement et en quelques semaines le placement est conclu. Une fois que vous avez pris contact avec l’organisme, comptez tout de même en moyenne entre quinze jours et un mois avant que la jeune fille ne rejoigne votre foyer. « Un séjour au pair est enrichissant, mais se prépare tant du point de vue de la logistique que du psychologique, souligne de son côté Nathalie Chevallier, reponsable de l’association Fée Rêvée, organisme agréé par l’UFAAP. Il ne faut pas négliger cette partie de l’échange. Il s’agit avant tout d’une expérience humaine et la communication, dès le départ, est indispensable. »

Un échange culturel bilatéral

Si la jeune fille étrangère vient avant tout en France pour perfectionner sa pratique de la langue, il reste possible de décider en amont que quelques heures seront réservées à une familiarisation pour vos enfants de sa langue maternelle. « Cela doit rester occasionnel, rappelle Nathalie Chevallier. C’est en discutant avec les enfants que l’au pair progressera, ce ne doit donc pas être une règle de base. » En revanche, des activité d’éveil restent envisageables. « Si la jeune fille est d’accord, elle peut tout à fait chanter des chansons ou apprendre quelques mots dans sa langue maternelle aux enfants dont elle a la charge, explique Sophie Hertzog. Avant de placer une au pair, on s’assure que la famille parle français ! » Delphine Vaills est plus nuancée sur ce point : « Une au pair n’est pas seulement une garde d’enfant. Son séjour est avant tout un échange culturel et linguistique et j’insiste sur le terme d’échange. » Si la jeune fille vient pour apprendre la langue et s’intégrer dans une famille française, elle apporte avec elle tout un bagage linguistique et culturel à ne pas négliger. « Nous interdisons aux familles de demander aux jeunes filles de parler exclusivement anglais ou espagnol avec les enfants, poursuit-elle, mais dans le même temps, il ne faut pas empêcher la jeune fille de familiariser les enfants à une autre culture si les deux parties sont d’accord. » Vivre une année aux côtés d’un ressortissant étranger ouvre de toute façon l’esprit à une autre culture et même si les enfants ne sont pas immergés dans une langue étrangère, ils bénéficieront tout de même d’une première approche culturelle. Aucune étude n’existe sur le sujet, mais après dix-sept ans d’expérience, Delphine Vaills en est persuadée, « ces séjours permettent aux enfants de s’ouvrir à une autre culture et quand ils auront grandi une telle expérience ne peut qu’être un avantage ». Ni 100 % français, ni 100 % anglais ou espagnol, la solution idéale réside dans l’art de trouver le compris pour que chacun y trouve son compte.

Une au pair n’est pas une femme de ménage

Toutes les tâches accomplies par la jeune fille doivent être exclusivement en lien avec les enfants : les réveiller, préparer le petit-déjeuner, les accompagner à l’école et les récupérer à la sortie des classes, les conduire à leurs activités, les faire goûter, jouer avec eux, vérifier qu’ils fassent bien leurs devoirs, préparer des repas simples, les faire dîner, ranger leur chambre, repasser leurs vêtements, nettoyer les pièces qu’ils fréquentent, etc. « Il s’agit d’être la grande sœur de la maison », résume Nathalie Chevallier. Sophie Hertzog prévient : « Il est hors de question de lui confier le jardinage ou le repassage des chemises de Monsieur. »

30 heures maximum par semaine

Les jeunes filles au pair ne sont pas non plus tenues d’être disponibles 24 heures sur 24. La réglementation est très claire sur ce point : les parents peuvent exiger un maximum de trente heures de travail hebdomadaires. « On arrive très vite à 20-25 heures de présence auprès des enfants rien qu’après les sorties d’école avec les nouveaux rythmes », prévient Nathalie Chevallier. à cela, rajoutez un ou deux babysittings le soir par semaine et le quotat est atteint. Et les gardes supplémentaires le soir, même si elles sont payées en plus, ne sont pas encouragées. « N’oublions pas qu’il s’agit d’une stagiaire étrangère venue en France pour perfectionner son français et vivre en famille, rappelle Sophie Hertzog. Il faut aussi que ces jeunes filles aient un peu de temps à elles pour visiter, se rendre à leurs cours et étudier. »

Mieux que les États-Unis !

Contrairement aux jeunes Françaises qui s’envolent outre-Atlantique, en France le billet d’avion et les cours sont à la charge de l’étudiante. « Les cours de français sont payés par l’au-pair, explique Nathalie Chevallier. La liste des établissements est fournie par les organismes pour que les recherches soient facilitées pour la jeune femme. » Les transports communaux sont réglés par les parents d’accueil afin de permettre à l’étudiante de se rendre à l’école des enfants, à leurs activités ainsi qu’à ses propres cours.

Les mamies s’y mettent

Depuis quelques années, un nouveau genre d’au pair est arrivée sur le marché : les mamies ! Françaises ou étrangères, elles sont de plus en plus nombreuses à faire ce choix. Pour de multiples raisons. Certaines, à la retraite mais encore actives et en bonne santé, souhaitent voyager et découvrir une culture différente à moindres frais. « Après une vie bien remplie, les mamies ont souvent encore une belle énergie à offrir et l’envie de conserver un rôle dans la société », rappelle le site internet « Mamie au pair », une plateforme d’échanges entre les mamies et les familles du monde entier. Une des nouveautés du site est la possibilité pour les familles de converser avec des grands-mères de toutes les horizons. Les familles ont la possibilité de planifier des rendez-vous réguliers. Ces conversations linguistiques revêtent différentes formes : raconter sa journée, apprendre des chansons, poser des questions sur le pays où vit la mamie, etc. Avec l’éclatement des familles, tant relationnel que géographique, certaines grands-mères souffrent surtout de ne plus voir leurs petits-enfants et souhaitent se rapprocher d’autres bambins. Enfin, l’effet crise n’est pas à négliger. Les fins de mois sont de plus en plus difficiles pour les retraités et il s’agit là d’une belle manière de joindre l’indispensable à l’agréable.

Il est difficile de donner un chiffre exact, chaque Centre d’enregistrement et de révision des formulaires administratifs (Cerfa) étant indépendant, mais l’AFAP avance le nombre de 7 000 au pairs qui viendraient chaque année en France. Qu’elles soient françaises ou étrangères, étudiantes ou retraitées, les au pairs ont la cote.

Article réalisé par Mathilde Rambaud

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