Décrocher un stage n’est jamais chose aisée, les étudiants en savent quelque chose. L’étape encore plus difficile est d’en obtenir un qui soit profitable tant pour le stagiaire que pour son futur emploi. Des organismes de séjours linguistiques proposent ce type d’offre… à l’étranger ! L’occasion de découvrir le monde de l’entreprise hors de nos frontières.

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Rares sont les formations qui exemptent leurs élèves de stages obligatoires… ou du moins fortement conseillés. Ceux-ci peuvent s’avérer être de véritables tremplins professionnels quand ils sont bien choisis, mais cette quête du Graal se transforme parfois en cauchemar. Surveiller sa boîte email et ne recevoir que des réponses négatives ; faire du porte à porte sans trouver aucun interlocuteur devant qui plaider son dossier ; batailler pour décrocher ne serait-ce qu’un simple entretien. Et ne parlons même pas des stages d’une durée supérieure à deux mois, synonymes de rémunération obligatoire, quasiment impossibles à obtenir. Vous en conviendrez, se retrouver dans l’entreprise de Papa à faire des photocopies n’est guère enthousiasmant, même pour l’étudiant le plus conciliant qui soit ! On pourrait écrire tout un dossier sur la seule difficulté de dénicher un stage. Mais cette réalité plutôt sombre n’est pas une fatalité. Trouver la perle rare qui non seulement sera formatrice et intéressante, mais pourra surtout faire la différence sur le marché du travail est possible. Au-delà du réseau, à ne pas négliger, reste la possibilité de se tourner vers les organismes de séjours linguistiques. Contrairement à leur appellation, ceux-ci ne proposent pas seulement des cours de langues dans des universités ou chez un professeur mais également des stages en entreprise pour les étudiants majeurs.

Maîtrise de la langue requise

Les séjours linguistiques habituels ont pour objectif de faire progresser l’élève dans l’apprentissage d’une langue quel que soit son niveau initial. Les stages en entreprise nécessitent quant eux une bonne maîtrise de départ afin de pouvoir évoluer au mieux dans l’univers professionnel choisi. « Pour que ce stage soit pleinement bénéfique, vous devez avoir une bonne connaissance linguistique », annonce d’emblée la page internet de Nacel consacrée au sujet. Entendons-nous bien : nul besoin d’être parfaitement bilingue pour être recruté, mais les étudiant d’un niveau dit « débutant » ne sont pas la cible de ces séjours semi-professionnels. « Le stage en entreprise est avant tout une expérience professionnelle et la possibilité de mettre en pratique ses connaissances de la langue mais n’est pas conseillé aux étudiants qui ont besoin de progresser en anglais de manière significative », conclut l’organisme. Silc demande davantage d’assurance quant au niveau de l’étudiant : « Avant votre départ, vous devrez obligatoirement passer un entretien avec un membre de notre équipe qui conditionnera l’acceptation (en complément, une lettre de référence d’un professeur d’anglais peut également être demandée). » Il ne faut pas hésiter à aller voir ses professeurs, actuels et anciens.

Arriver avec une idée précise

Au-delà du pays souhaité, il faut « également bien cibler votre objectif et donner un descriptif précis du domaine professionnel qui vous intéresse, explique Nacel. Nous nous efforcerons de trouver un placement en adéquation avec votre profil et vos attentes. » Il ne faut pas hésiter à communiquer le plus d’information possible pour que le stage corresponde au mieux au profil de l’étudiant. Attention cependant à ne pas être trop exigeant quant aux demandes : « Celles-ci ne devront cependant pas être démesurées en gardant à l’esprit qu’il s’agit avant tout d’un stage d’observation et de découverte. »  Pour plus d’efficacité, il faut avoir une idée assez précise de ce que l’on recherche, mais ne pas viser trop haut au risque d’être déçu voire pire, de se retrouver sans affectation la veille du début des stages. Les domaines de stage proposés sont étendus et selon le profil de l’étudiant, ils peuvent être élargis : tourisme, hôtellerie, secrétariat, technologies de l’information, culture, marketing, environnement, droit, comptabilité, finances, etc. à noter que certains ne sont pas possibles dans l’ensemble des régions couvertes par les organismes. « Nous avons des prestataires sur place spécialisés dans la recherche de stages en entreprise pour les étudiants étrangers, explique Aurélie Boudon, responsable du service étudiant et adulte de Nacel. Il est important que le stage soit conforme aux attentes de l’école ou de l’université pour qu’il soit validé et pris en compte dans son cursus. »

Investissement et motivation

« Il n’est pas toujours possible pour les tuteurs de fournir aux étudiants des missions importantes dès le début, rappelle Nacel. Vous devrez être patient car au départ les tâches confiées peuvent être répétitives et sans intérêt mais ce sera également à vous de montrer votre motivation et ce que vous pourrez apporter à l’entreprise. » L’intérêt du stage, qu’il se déroule en France ou à l’étranger, dépend en grande partie de l’investissement personnel du stagiaire. Dans toute expérience professionnelle quelle qu’elle soit, il ne faut pas hésiter à prendre des initiatives, observer certes mais dans le but de reproduire, demander conseils et précisions… dans la limite du harcèlement ! Les codes des entreprises étrangères sont parfois bien différents de ceux de l’Hexagone, en particulier dans les pays anglo-saxons. Un plus tant pour la culture générale du stagiaire que pour ses futurs entretiens au cours desquels il pourra mettre en avant cette expérience peu commune. « Les postes proposés varient selon l’âge du participant, le secteur d’activités, l’expérience professionnelle, les intérêts, le niveau dans la langue choisie et les besoins de l’entreprise, explique StudyGlobal. Les tâches confiées sont en général simples mais offrent dans tous les cas une opportunité d’interagir avec des personnes venant d’autres pays et ayant des centres d’intérêts similaires. »

En pratique

L’organisme accompagne l’étudiant dans sa démarche, mais il est conseillé de s’y prendre tôt pour entamer la procédure, ne serait-ce que pour respecter les délais nécessaires pour la signature de la convention de stage : « Il faut nous indiquer les dates auxquelles vous souhaitez recevoir votre convention signée, prévient WEP. Il nous faudra entre deux et quatre mois de délai selon les destinations, avant de pouvoir vous fournir les documents, pensez-y pour ne pas être pris de court ! » L’idéal est d’envoyer son dossier de candidature au plus tard trois mois avant la date souhaitée de début de stage. La qualité de celui-ci aura une incidence non négligeable sur le placement. Cette étape n’est donc pas à prendre à la légère. Notez qu’une demande de stage ne signifie pas automatiquement l’obtention de celui-ci. En cas de refus, les organismes ne sont pas tenus pour responsables mais restitueront les sommes déjà versées, hormis les frais de dossier. Des entretiens téléphoniques dans la langue du pays retenu ne sont pas à exclure, par l’organisme afin de vérifier le niveau réel du candidat, ainsi que par l’entreprise. Il faut se tenir prêt à échanger dans une langue étrangère à n’importe quel moment ! La date du départ reste à la discrétion de l’entreprise qui aura retenu la candidature de l’étudiant. Une semaine avant le début du stage, l’organisme de séjour linguistique envoie l’ensemble des détails concernant l’entreprise et le lieu d’hébergement, le plus souvent en famille d’accueil. L’étudiant ne peut choisir sa ville de stage, c’est ce dernier qui conditionne le lieu d’hébergement. La plupart des pays d’accueil se situent en Europe mais des destinations plus lointaines comme les états-Unis, l’Asie ou l’Australie sont également possibles.

Combien ça coûte ?

Effectuer un stage à l’étranger à un coût. Comptez 1 000 à 3 000 € pour l’Europe selon la durée et le lieu du stage. Le logement en demi-pension est compris dans ces tarifs, mais le prix du voyage et les déjeuners sont à la charge de l’étudiant. Il faut également prendre en compte le voyage en train ou en avion depuis la France ainsi que l’acheminement jusqu’au logement de la famille d’accueil. La durée minimale pour ces séjours est de quatre semaines et peut aller jusqu’à trois mois. Notez bien que même si ce stage est d’une durée supérieure à deux mois, aucune rémunération ne peut être perçue par le stagiaire, que le stage soit ou non conventionné. Les séjours ont lieu du dimanche au samedi, correspondant rythme des entreprises dont les semaines commencent le lundi. « Mon expérience en Australie a été une grande réussite, confie Audrey qui a travaillé en tant que professeur stagiaire partie avec WEP. J’ai eu la chance d’être accueillie dans une excellente école pour filles à Sydney où j’avais une très bonne entente avec l’équipe. Mon anglais, ma connaissance de moi-même et ma compréhension du monde se sont améliorés. » Peu de Français encore font le choix de ces stages en dehors de leur pays natal. C’est pourtant un avantage certains pour les étudiants qui n’est pas à négliger.

Article réalisé par Mathilde Rambaud

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