Depuis plus de 17 ans, l’association vous invite à prendre part à son projet « La Rentrée Solidaire ». Plus qu’une simple collecte de matériel scolaire neuf pour les pays dans le besoin, cette campagne se veut riche de valeurs.

Depuis plus de 60 ans, Solidarité Laïque se bat contre les exclusions et améliore l’accès de toutes et tous à une éducation de qualité. 50 organisations sont membres de Solidarité Laïque, qui agit en France et dans plus de 20 pays du monde entier avec des partenaires locaux. L’objectif premier est de soutenir la société civile locale qui se bat pour une éducation de qualité. A cela, s’ajoutent des projets très concrets : au Liban et au Sénégal, Solidarité Laïque finance des centres éducatifs qui accueillent des enfants exclus, en situation de handicap. Au Sri Lanka ou au Bénin, l’association forme des assistantes maternelles. Au Maroc, elle aide à mettre en place des conseils de jeunes et d’enfants pour leur permettre de participer plus facilement à la vie de leur quartier et de leur ville.

Avec ses partenaires, Solidarité Laïque – dont est membre la Ligue de l’enseignement – propose aussi des actions pédagogiques pour sensibiliser les enfants et les jeunes à leurs droits, à la solidarité et à la découverte du monde. Organisée avec la MAE et la MAIF, la Rentrée Solidaire en est un exemple phare. Depuis plus de 16 ans, le but de cette campagne est de proposer aux écoliers français de devenir acteurs de cette démarche de solidarité internationale. Cette année, le cap est mis sur la Tunisie qui connaît de nombreuses disparités dans l’accès à l’éducation.

« En Tunisie, bien que l’éducation soit une priorité affichée de l’Etat et des familles (et le pays est bien classé par l’UNESCO concernant les objectifs de l’Education pour tous), la réalité est plus complexe. Les inégalités territoriales et sociales se superposent, discriminant certains élèves en fonction de leur origine sociale et leur lieu de résidence. L’abandon scolaire, le décrochage sont plus importants dans les zones reculées, rurales, ou périurbaines. Au niveau collège, la fréquentation scolaire est de 59% en milieu rural contre plus de 80% en milieu urbain. Les transports scolaires, les activités culturelles, les cantines, l’entretien des bâtiments, le matériel didactique, les fournitures scolaires, l’accès à l’eau, voire à l’électricité, font défaut dans beaucoup d’endroits. Ce qui impacte considérablement la qualité de l’éducation et l’acquisition des compétences fondamentales », explique Carole Coupez, déléguée à l’éducation à la citoyenneté et la solidarité chez Solidarité Laïque. « Cette année, nous allons aussi cibler des collèges car le décrochage scolaire s’accentue fortement à l’entrée au collège où les conditions matérielles sont plus dégradées. Nous avons également de la part de nos partenaires des demandes en livres jeunesse ou en littérature francophone pour équiper des bibliothèques scolaires souvent vides. Nous espérons pouvoir, à partir des dons financiers qui permettent de compléter la dotation matérielle, acheter sur place, notamment des livres. Car l’éducation et la culture sont intrinsèquement liées », explique-t-elle.

Comment ça marche ?

Pour prendre part à cette opération, il vous suffit de collecter des fournitures neuves (cahiers petit format de moins de 92 pages, stylos noirs et bleus, crayons de couleur, doubles décimètres, équerres, ardoises à craie, petit matériel sportif et ludique, petits jeux). Cette collecte sera à déposer dans une délégation MAIF ou MAE, partenaires et membres de Solidarité Laïque, la plus proche de votre domicile avant le 15 décembre impérativement.

Vous pouvez aussi faire un don financier ou organiser une action de collecte. Ces dons serviront à l’achat de matériel pédagogique sur place, afin de favoriser l’économie locale.

Si vous voulez initier ou inciter votre enfant à la solidarité envers ses petits camarades étrangers, vous pouvez télécharger sur le site www.rentreesolidaire.org divers outils pédagogiques comme des courtes vidéos sur la vie des enfants «ailleurs» et sur la situation de l’éducation dans leur pays, un poster pédagogique, des diaporamas, des fiches d’animation…

En France, la Rentrée Solidaire donne aux jeunes des clés pour réfléchir sur leurs comportements futurs de citoyen. « Pour Solidarité Laïque, cette opération est surtout une opportunité pédagogique de découvrir les enjeux du droit à l’éducation, découvrir un autre pays, une autre culture et cette opération s’intègre dans sa mission scolaire d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité. A ce titre, des supports pédagogiques sont proposés en ligne pour les éducateurs et les 800 structures éducatives mobilisées chaque année. Solidarité Laïque est agréée par le ministère de l’Education nationale et la Rentrée Solidaire entre dans le cadre de sa convention-cadre avec le ministère. Nous espérons et attendons un retour de Monsieur le ministre à notre demande de haut patronage », explique Carole Coupez.

Nous avons tant de choses à apprendre les uns des autres

En effet, les enseignants intègrent aisément cette opération dans leur programmation annuelle. Cette action apporte donc beaucoup non seulement aux bénéficiaires mas aussi aux donateurs. « L’engagement ouvre des portes sur le monde qui nous entoure, construit un regard plus réaliste et surtout responsable. En ce sens, il me semble essentiel que les jeunes se mobilisent, pour grandir et s’épanouir. Je souhaite me mobiliser au maximum pour changer les choses à mon échelle », explique Margaux, 16 ans. Il y a deux ans, elle a proposé à son lycée de soutenir le projet de la Rentrée Solidaire pour le Mali. Mais il n’y a pas que les jeunes qui se réjouissent de cette action. Des professionnels de l’enseignement pointent le bénéfice du projet pour leurs élèves. « La Rentrée Solidaire pour le Mali nous a donné l’occasion de parler de l’Afrique, du Mali, de lire des contes, de visionner les diaporamas présents sur le site, d’apprendre des chansons, des comptines, d’écouter des sonorités de langues différentes de la nôtre, de parler de différences, de solidarité, de fraternité et d’entraide avec des gens proches mais aussi des gens lointains et inconnus », raconte Marie-Françoise Armagnat, enseignante à l’école des Charmilles, à Thonon-les-Bains (74).

En primaire, les petits se sont sentis de vrais acteurs de la solidarité internationale. « Pour le marché de Noël de notre école, nous avons rajouté à notre stand une vente de cartes de Noël au profit des écoliers du Mali », explique Clara Martin, enseignante à l’école André Malraux, à Fourques (66). En outre, cela a permis de peaufiner le programme scolaire et de le rendre beaucoup plus intéressant. « Nous avons continué jusqu’en février à travailler sur l’Afrique de l’Ouest, en géographie, en littérature, en écriture, en arts plastiques et nous avons terminé notre projet par la présentation d’une exposition pour les parents », détaille la professeure.

Au collège et au lycée, cette opération est également utile sur de nombreux points, surtout en histoire-géographie et en enseignement moral et civique. « En tant que professeure de lettres-histoire en lycée professionnel, j’ai mis cette opération en place avec la classe de seconde dont je suis la professeure principale, en lien avec le programme de géographie car nous étudions les problématiques des pays de l’Afrique subsaharienne. J’ai divisé la classe en deux groupes : les ambassadeurs et les organisateurs. Les premiers sont passés dans les classes après avoir travaillé leur « speech » et les seconds ont posé les affiches dans le lycée et se sont positionnés dans l’établissement au moment des récréations pour récolter des dons », se souvient Virginie Chavand, enseignante au lycée professionnel du Parc Saint-Jean, à Toulon (83). Voilà une manière ludique de pousser les jeunes à s’ouvrir à de nouveaux horizons !

De son côté, Hélène Fruchon, professeure d’économie commerciale au lycée André-Theuriet de Civray (86), pense que cette opération a permis à ses élèves de BTS de préparer leur vie de salariés. « L’année prochaine, ces étudiants seront en stage et auront à mener un projet visant à apporter un plus à l’entreprise. Mener ce projet est un exercice grandeur nature qui devrait les aider. Ils s’aperçoivent bien vite de ce en quoi cela consiste. On dépend des autres, il faut planifier, travailler en groupe, sensibiliser son entourage… », explique t-elle.

Au-delà d’une simple collecte solidaire, la Rentrée Solidaire est une bonne occasion de promouvoir le vivre-ensemble. Un sujet qui ne cesse d’être abordé dans les journaux nationaux avec la situation géopolitique dans le monde. Nos enfants vont un jour devenir adultes et il est donc primordial de leur transmettre ces valeurs si précieuses. En réalisant des actions collectives aux objectifs communs, nos petits apprennent à s’entraider et respecter leur prochain. N’hésitez pas à sauter le pas car c’est aussi un moment de partage et de découverte de l’autre qui s’offre à vous !

Anna Ashkova

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