Pas de panique, voilà comment (encore) trouver un job pour l’été…

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Pour les étudiant·es, l’été n’est pas seulement vacances. On cherche un job. Pour se les offrir, ces vacances, ou payer ses études, ou parce qu’il faut vivre, carrément. Mais cette année, la covid a brouillé les pistes. Jusqu’en mai, les réouvertures restaient aléatoires. Après, la ruée a laissé nombre de jeunes gens à la porte des emplois. Il en reste à pourvoir. Comment les dénicher ? On a posé la question aux spécialistes.

Les parents, les ami·es, les conseiller·ères, les recruteur·ses ne cessent de le rappeler : pour trouver son job d’été, il faut s’y prendre tôt ! Voilà le premier commandement. Mais à l’ère covid et son lot d’incertitudes, ce principe a rapidement battu de l’aile. Mais pas de panique, dénicher un contrat pour les semaines à venir reste possible. « On peut toujours y croire, jusqu’à mi-août même. Puisque certain·es étudiant·es débutent leur rentrée scolaire plus tard, en octobre par exemple », rassure Valérie Deflandre, conseillère au Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ).

Comment chercher ?

Même sans expérience – qui en a à 17, 18 ou 19 ans ? –, « les jeunes doivent tout miser sur leurs qualités, celles dont ils·elles font preuve dans la vie de tous les jours comme l’écoute ou d’autres compétences nourries par la pratique d’un sport individuel ou collectif, ou d’un instrument de musique. Puis transposer ces qualités dans le poste auquel ils·elles prétendent », explique Valérie Deflandre. Bref, s’imaginer dans un métier qu’on n’a peut-être jamais exercé. Et surtout, « ne pas se fermer de portes, songer à toutes les opportunités, avec, derrière, une dynamique et une volonté d’apprentissage. Ne pas subir son job d’été parce qu’il faut le faire mais se lancer en sachant que telle ou telle expérience m’apportera quelque chose », explique Jean-Baptiste Achard, cofondateur de StaffMe, une plate-forme de mise en relation des jeunes free-lances avec les entreprises.
La recette miracle n’existe pas. Même si l’on n’échappe pas à quelques ingrédients. Vous qui cherchez un job estival, soyez réactif·ives. Parlez-en à votre entourage – famille, ami·es et connaissances. Gardez un œil partout où vous passez car « certains commerces préfèrent encore coller une annonce sur leur vitrine que passer par une grande plate-forme », relève-t-on au CIDJ. Bien entendu, les plates-formes d’offres d’emploi restent utiles, les candidatures spontanées aussi, le culot a sa place dans sa quête d’un job d’été. D’autres démarches existent. Comme s’inscrire chez StaffMe : « Les jeunes créent leur profil sur notre application, établissent ce qu’ils·elles recherchent et les zones géographiques concernées, et les offres viennent à eux·elles. Les premier·ères arrivé·es sont les premier·ères servi·es ! », promet le dirigeant de StaffMe.

Les secteurs qui recrutent

« La jeunesse d’aujourd’hui ne doit pas être une génération sacrifiée ». Trente-cinq patron·nes se sont mobilisé·es début juin pour proposer 10 000 jobs d’été sur la plate-forme gouvernementale 1jeune1solution. Parmi eux·elles : Fabienne Arata (LinkedIn France), Sébastien Bazin (Accor), Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas), Enrique Martinez (Fnac Darty), Michel-Édouard Leclerc (E. Leclerc), Fabrice Lisardi (Décathlon) ou encore Frédéric Mazzella (BlaBlaCar). Entre autres. Car certains secteurs recherchent plus que jamais à recruter, c’est le cas de l’hôtellerie restauration, une filière qui assurait avoir besoin de 300 000 saisonnier·ères ! « Beaucoup de reconversions ont eu lieu dans l’hôtellerie-restauration, une aubaine pour les jeunes à la recherche d’un job d’été dans le secteur », rappelle Valérie Deflandre. Elle liste d’autres domaines d’activité susceptibles de recruter : « L’animation, la grande distribution, le télémarketing, les services à la personne. La crise a aussi encouragé certains jeunes à se tourner vers les métiers de la santé, des hôpitaux proposent des offres de brancardiers par exemple », constate la conseillère du CIDJ.

Mais les jobs d’été dépassent cette idée que les jeunes ne se cantonneront qu’à des tâches peu ou pas qualifiées. Ces expériences courtes doivent aussi nourrir « un projet de plus long terme », défend Jean-Baptiste Achard. « Un·e étudiant·e en graphisme peut tout à fait trouver un job qui impliquera la création de flyers », illustre-t-il. Pour certains emplois estivaux, la maîtrise d’une langue étrangère est indispensable, notamment dans le tourisme. Avec en filigrane un coup de ripolin pour son CV. Pour le cofondateur de StaffMe, les jeunes ont aussi intérêt à « privilégier les missions très courtes et diversifier leurs activités durant l’été, une manière de briser la répétitivité de certaines tâches ».

Un job d’été à l’étranger, très instable…

L’ambition est plus aléatoire, alors même qu’une expérience à l’étranger renforce l’employabilité, à l’avenir, des jeunes. Malgré tout, Valérie Deflandre le concède : « Ils et elles ont conscience que c’est compliqué de partir travailler à l’étranger cette année, il faut bien porter attention aux conditions d’entrée et de retour des pays convoités. Certain·es osent à peine poser la question sur cette possibilité tant ils·elles sont réalistes », les jobs d’été à l’étranger, cette année, seront sans doute très marginaux.

Peu importe, crise ou pas crise, les besoins dans le pays sont là. Les jeunes aussi, et ils sont motivés : « Cette volonté de travailler en juillet pour payer ses vacances en août résonne de moins en moins. Les jeunes gens qui viennent me voir souhaitent avant tout trouver un job d’été pour payer ensuite leur année d’études, leur école ou leur logement », constate Valérie Deflandre. « Construire leur carrière et leur futur », c’est l’enjeu pour Jean-Baptiste Achard. Jobs d’été, la chasse est toujours ouverte…

Geoffrey Wetzel

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