Et c’est parti… Code vestimentaire – Marc, il a des Nike… –, mots djeunes à traduire, voix qui mue chez le garçon, humeurs changeantes… Entre 8 et 12 ans, l’enfant, fille plus tôt, garçon après mais pas toujours, entre dans la préadolescence. Tout en conservant ses habitudes de môme. Moment parental sous tension…

La notion d’adolescence existe depuis la fin du xiiie siècle. On a inventé « préadolescence » entre 1940 et 1950. Et l’on s’est mis d’accord sur un constat, tout bascule entre 8 et 12 ans, mais bien sûr un peu avant, un peu après ou… pas du tout ! L’enfant n’accède pas encore à l’autonomie, mais pour la première fois, il·elle se livre à nombre d’activités seul·e. Se montre agressif·ve avec son entourage. Dit qu’il·elle n’est un bébé. C’est le début du refus des câlins de parents soudain collants. On n’accepte plus la main en traversant la rue. Les premières remarques assassines fusent : « Avec vous, on (ne) fait jamais rien ». « Laissez-moi tranquille ! J’en ai marre ! » Une gêne, voire un certain dégoût survient. Votre bout de chou devient pudique, manifeste l’envie de choisir ses vêtements seul·e et surtout tu ne m’habilles pas ! Ses choix, il·elle les impose (c’est plutôt bon signe). C’est l’âge des identifications à des personnalités comme des chanteurs, des acteurs ou des sportifs. Bref, il·elle s’émancipe. La rudesse risque de générer des conflits. Dix conseils pour mieux gérer cette phase en famille.

1 – Faire face au refus de l’autorité

Il s’énerve, elle crie, stop. Il faut garder le contrôle en toutes circonstances. Au besoin, ne pas hésiter à recadrer le personnage (sans chercher à le « casser ») et lui rappeler les règles de la vie en famille et en société. Certaines phases d’oppositions seront pour lui et elle structurantes, une façon de développer sa personnalité. L’important est de ne pas oublier de donner une explication à chacun des refus. Difficile d’obéir quand on ne comprend pas le pourquoi du comment.

2 – La liberté, oui… mais avec des limites !

Difficile d’accorder une totale liberté à un préado pour combler son besoin d’autonomie ! Sans non plus freiner cette volonté. L’objectif : conduire l’enfant pas à pas vers une liberté responsable, en tenant compte de son immaturité affective. Dans certaines situations, il est possible de régler les choses avec une sorte de contrat de confiance. Par exemple, le ou la laisser faire la fête chez des amis (la Boum !). À condition que l’on sache où il, elle va, exiger le numéro de téléphone de la famille qui accueille et fixer une heure de retour (ou l’accompagner et revenir le chercher). Cette attitude va le·la responsabiliser et l’aider à grandir et à s’épanouir.

3 – L’accompagner dans ses changements physiques

À la préadolescence, le corps évolue (apparition des premiers poils, de l’acné, de la poitrine chez les filles, changement de voix chez les garçons, etc.). Fille ou garçon, aucun·e n’est forcément à l’aise face à tous ces changements, ce qui explique souvent la pudeur nouvelle. Chacun·e pourrait se poser beaucoup de questions qu’il·elle n’ose pas toujours poser. Il faut en discuter, même si le jeune être n’est pas forcément demandeur, faute de la maturité nécessaire pour accompagner ce changement physique.

4 – Respecter l’intimité de l’enfant

La pudeur physique est liée à une pudeur intérieure. Il est important de ne pas empêcher le préado de conserver son jardin secret. Se réfugier dans sa chambre, symbole de son intimité, n’est pas un abus. Mais ce n’est pas pour autant qu’il ne doive pas la ranger ! Retour aux règles…

5 – L’aider à maîtriser ses sentiments

Outre les changements physiologiques, la préadolescence est marquée par des modifications de comportement. L’enfant est souvent fragile sur le plan affectif. Il a parfois besoin d’aide pour mieux maîtriser son affectivité et gérer ses émotions. Allez-y en douceur.

6 – Tout est dans le langage et l’écoute

Le jeune garçon, la jeune fille, peu importe son âge, a surtout besoin d’une oreille attentive. Lors des conflits, il faut essayer d’éviter de réagir dans l’immédiat de la cause. Il vaut mieux attendre le bon moment pour en discuter ensemble et mettre des mots sur les maux. De plus, le ou la préado se sent vite valorisé·e lorsqu’on le·la laisse exprimer ses envies et ses opinions. La communication doit rester essentielle dans la vie de la famille. Comme le disait la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto, « tout est langage » !

7 – Ne pas être trop sévère, surtout !

Ce n’est pas une phase facile à vivre pour un enfant. L’être en évolution a besoin d’attention et de soutien durant cette période, même s’il·elle aura du mal à l’avouer aux autres. C’est pourquoi lors de ses pires « bêtises », il ne faut pas le·la réduire à son acte. « Un jeune qui agit de façon détestable doit être sanctionné, mais surtout pas banni. Une fin de non-recevoir côtés cœur et dialogue constituerait une sérieuse erreur », indiquent les auteurs du Manuel de survie pour parents d’ados qui pètent les plombs chez Yakapa en Belgique.

8 – Accepter d’endosser le « mauvais rôle »

Pour se différencier, l’enfant a parfois besoin de dévaloriser ses parents. C’est come ça. Il ne faut pas prendre tout ce qu’il dit au premier degré, c’est sa façon de devenir un adulte à part entière. Il a le droit de faire le tri dans ce qu’il aime ou n’aime pas chez les membres de sa famille et de le faire savoir. Il faut l’accepter, mais rappeler qu’il ou elle n’a pas pour autant le droit de manquer de respect aux autres.

9 – Renoncer à se montrer parfaitement à la hauteur

Rentrer dans le moule des parents parfaits, c’est presque impossible. Parents parfait d’un·e préado ou ado encore moins. Bien gérer les changements chez son enfant, c’est aussi reconnaître que l’on a le droit de se retrouver démuni·e et de ne pas tout savoir. Pour mieux vivre cette période en famille, il faut se montrer moins exigeant·e avec soi-même et rester transparent·e face au teenager en lui disant simplement : « On fait ce qu’on peut, on ne comprend pas tout, mais on essaie. On est là pour toi ! »

10 – Ne pas hésiter à demander de l’aide

En cas de difficultés trop fortes ou d’interrogations sans réponse, il ne faut pas hésiter pas à se faire accompagner, soutenir et conseiller. Mais avant tout, il faut toujours se rappeler qu’il s’agit d’une crise nécessaire pour le développement de l’enfant. l

Anna Guiborat

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